Par la Dr Stéphanie Cohen-Zarade.
Une patiente de 63 ans est surveillée pour un antécédent de carcinome invasif de type non spécifique du sein gauche, traité 12 ans auparavant par chimiothérapie néoadjuvante, mastectomie totale et curage, suivie d’une radiothérapie et d’une hormonothérapie adjuvantes. Une reconstruction par implant a également été pratiquée. Elle n’est plus sous traitement actuellement.
Dans le cadre de la surveillance, une mammographie est réalisée. On pratique 2 incidences et une acquisition en tomosynthèse du sein droit mais également un cliché oblique externe de la paroi et de l’implant gauches.
A droite, l’examen est stable sans anomalie.
A gauche, on retrouve une petite opacité profonde des quadrants supérieurs, au contact du pectoral, peu dense, de contours flous, non visible sur l’imagerie précédente datant d’il y a un an (Figure 1). Il n’y a pas de foyer de microcalcifications. L’implant est intact.
Une échographie bilatérale est réalisée, en particulier sur cette zone. Elle retrouve, en regard des quadrants supérieurs de la paroi gauche, une petite masse solide, hypoéchogène, de contours spiculés, atténuante, hypervascularisée (Figures 2).
Une IRM mammaire est effectuée en complément. Elle confirme la présence d’une masse unifocale de forme mal définie, de contours discrètement spiculés, présentant une cinétique de rehaussement intense, précoce, avec Wash out, de type 3, en faveur d’une lésion maligne (Figures 3). Il n’y a pas d’adénopathie ou lésion controlatérale associées.
Une microbiopsie échoguidée est réalisée et conclut à une récidive d’adénocarcinome de type non spécifique de grade 2.
Message : Même après mastectomie totale, une récidive locale est rare mais possible, notamment du fait de la persistance de très minimes reliquats glandulaires, inévitables malgré une chirurgie optimale.
Dans notre pratique, lorsque la reconstruction (par prothèse ou lambeau) le permet, nous recommandons de maintenir un contrôle mammographique par un cliché oblique externe, en complément de l’examen clinique et de l’échographie, à la recherche de masse ou foyer de microcalcifications qui ne serait pas visible en échographie ou IRM.
Dans le cas de cette patiente, la mammographie a permis de repérer une lésion non palpable, et d’attirer l’attention en échographie, conduisant à un diagnostic plus précoce.


