Accueil 5 Cas cliniques 5 Cas clinique d’une torsion d’annexe

Cas clinique d’une torsion d’annexe

23 Jan 2024 | Cas cliniques

Par le Dr Martine Abitbol.

Patiente de 16 ans, adressée pour échographie en urgence présentant douleur du flanc droit et de la fosse iliaque droite, associée à des nausées et vomissements, d’apparition brutale depuis 24 heures.

Elle est apyrétique.

L’échographie réalisée en urgence met en évidence une formation purement liquidienne médiane de 10 cm sus vésicale.

L’ovaire droit en arrière et au contact du kyste est augmenté globuleux avec perte de son architecture habituelle.

Présence d’une vascularisation en téton au contact de l’ovaire évoquant un tour de spire en Doppler couleur et présence d’une lame liquidienne péri-caecale.

🔹 Appendice normal.

🔹 L’utérus et l’ovaire gauche sont sans particularité.

🔹 Les reins morphologiquement normaux non dilatés.

🔹 La vessie pleine ne présente pas de calcul enclavé dans les méats .

Devant ce tableau échographique et clinique, le diagnostic de torsion d’annexe est proposé.

Un complément tomodensitométrie est réalisé compte tenu de l’abord uniquement sus pubien, confirmant l’hypothèse échographique.

La cœlioscopie réalisée en urgence confirme la torsion annexielle sur kyste du mesosalpynx et permet de réaliser une détorsion ainsi qu’une kystectomie.

La patiente ressort après 24 h. Elle sera suivi à distance par échographie.

La torsion d’annexe est une urgence gynécologique fréquente.

Elle entraîne une réduction de l’apport sanguin avec dans un premier temps une congestion veineuse puis une ischémie artérielle.

Le facteur de risque est la présence d’une masse annexielle le plus souvent benigne mais elle peut être aussi liée à la grossesse avec un corps jaune augmenté de taille, à une induction d’ovulation ou des antécédents de torsion.

La torsion d’annexe spontanée est rare chez la femme en âge de procréer, plus fréquente chez l’enfant ou l’adolescente.

Elle peut toucher plus souvent l’ovaire mais aussi la trompe. Elle peut récidiver.

Les diagnostics différentiels sont :

🔹 Gynécologiques : rupture de kyste hémorragique, grossesse extra-utérine, abcès tubo-ovarien.

🔹 Digestif : appendicite et appendagite.

🔹 Urologique : colique néphrétique.

L’imagerie dominée par l’échographie endovaginale non réalisable chez notre patiente , montre le tour de spire en doppler il en est de même en tomodensitométrie avec injection.

Le traitement en urgence par laparoscopie permet la detorsion et de récupérer une annexe saine.

En cas de retard diagnostique, la nécrose peut survenir; l’ovaire devient hypotrophique et afolliculaire.

Suivez le Dr Martine Abitbol sur LinkedIn.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour visualiser le carrousel photos.